Sur la route des vacances, la scène est devenue presque universelle : deux enfants sagement scotchés à leur tablette, casque sur les oreilles, les yeux rivés sur un dessin animé en boucle. Pratique, silencieux, efficace. Mais aussi, avouons-le, un peu déprimant pour qui se souvient des interminables parties de ni oui ni non ou des devinettes lancées entre deux aires d’autoroute. Alors que la rentrée pointe déjà le bout de son nez et que les derniers trajets estivaux s’annoncent, un petit objet vintage refait discrètement surface dans les sacs à dos et les boîtes à gants. Un accessoire à moins de 5 euros, connu de tous les parents nés dans les années 80, qui semble bien décidé à reprendre du service.
Le grand retour d’un jeu culte qui détrône les écrans sur la banquette arrière
On les croyait rangées au grenier avec les cassettes audio et les Game Boy monochromes, et pourtant : les fiches Les Incollables font un retour remarqué. Ce petit éventail cartonné, reconnaissable entre mille avec ses questions-réponses à faire défiler du bout des doigts, s’impose de nouveau comme le compagnon idéal des longs trajets. Sur les forums de parents et dans les rayons des libraires, l’engouement est palpable. Le principe n’a pas bougé d’un iota depuis les années 90 : une question sur le recto, la réponse sur le verso, et hop, on passe à la suivante. Pas de batterie à recharger, pas de bug, pas de « maman, ça marche plus » au bout de trois kilomètres. Juste un petit objet en papier qui occupe les esprits pendant que défile le paysage.
Pourquoi les parents redécouvrent ce petit éventail de questions à moins de 5 €
Le prix, forcément, joue pour beaucoup. Pour moins de 5 euros, on repart avec un éventail complet, souvent trouvé en caisse des supermarchés ou dans n’importe quelle librairie de gare. Mais l’argument économique ne fait pas tout. Ce qui séduit les parents actuellement, c’est surtout la promesse d’un moment sans écran qui ne se transforme pas en négociation épuisante. Les Incollables ont ce côté rassurant du « déjà vu, déjà validé » : beaucoup de trentenaires et de quadragénaires les ont eux-mêmes utilisées enfants, et il y a quelque chose de plaisant à retrouver dans les mains de son gamin un objet identique à celui qu’on triturait sur la banquette arrière de la 205 familiale. Une transmission discrète, sans grand discours, qui fonctionne aussi bien à la maison qu’en salle d’attente.
Un allié malin pour réviser en s’amusant, du CP au collège
L’autre atout, et non des moindres, c’est le contenu pédagogique. Les éventails sont déclinés par niveau scolaire, du CP jusqu’au collège, avec des questions calibrées sur les programmes : français, maths, histoire, sciences, anglais, culture générale. De quoi glisser une petite révision entre deux fous rires, sans que l’enfant ait vraiment l’impression de travailler. À l’approche de la rentrée, c’est un moyen assez futé de remettre doucement le cerveau en marche après des semaines de farniente. Les questions sont courtes, ludiques, parfois franchement drôles, et surtout adaptées à l’âge de l’enfant, ce qui évite l’écueil classique du « c’est trop dur, j’arrête ». Certains parents en glissent un dans chaque cartable pour les temps morts à la récré ou en étude.
Le match est plié : les Incollables reprennent leur place dans les cartables et les valises
Face aux tablettes surchargées d’applications et aux smartphones qui grignotent chaque minute de creux, ce petit éventail cartonné joue une partition étonnamment moderne : simplicité, autonomie, zéro écran. Il ne prétend pas remplacer complètement le dessin animé du dimanche ni le jeu vidéo du mercredi, mais il offre une alternative légère, peu coûteuse et sans culpabilité. Pour les longs trajets de fin d’été, les retours de plage sous la pluie ou les premières semaines de reprise, il a tout du bon petit objet à avoir dans son sac. Et si, finalement, la vraie tendance de cette rentrée, c’était de redonner un peu de place à ces gestes tout simples que nos propres parents nous imposaient avec le sourire ?
