Un petit pull en laine posé sur la chaise de la salle d’attente, un carnet de santé qui dépasse du sac à langer, et une liste de questions griffonnées à la hâte sur mon téléphone : voilà à quoi ressemblait ce rendez-vous chez la pédiatre, pris quelques semaines avant que le froid ne s’installe vraiment. Ma fille a huit mois, et comme beaucoup de parents, j’avais entendu parler de la vaccination contre le Covid-19 chez les tout-petits sans vraiment en connaître les contours précis. Je m’étais mis en tête qu’il fallait faire quelque chose avant l’hiver, par précaution. Ce que la pédiatre m’a expliqué ce jour-là a complètement changé ma manière de voir les choses, et je repars avec des informations beaucoup plus claires que les bribes glanées ici et là.

À retenir
  • En France, la vaccination Covid des nourrissons n'est recommandée qu'en cas de comorbidités à risque de forme grave ou de contact avec une personne immunodéprimée, contrairement à une vaccination généralisée.
  • Le vaccin Comirnaty 3 µg n'est plus commercialisé depuis 2026 et est remplacé par Comirnaty 10 µg, ou pour 2026-2027 par Comirnaty XFG 10 µg ou Spikevax XFG 25 µg.
  • La vaccination d'un mineur nécessite l'accord des deux parents, avec présentation d'un formulaire d'autorisation parentale par l'accompagnant.

Pourquoi je pensais que ma fille devait absolument être vaccinée contre le Covid-19

Comme pas mal de parents, j’avais gardé en tête le souvenir des débuts de l’épidémie, cette période où la Haute Autorité de santé avait ouvert la vaccination des tout-petits dans un contexte de forte circulation du virus, après que l’Agence européenne du médicament avait étendu l’indication du vaccin Pfizer aux plus jeunes. À l’époque, les données de Santé Publique France montraient que les enfants de moins d’un an représentaient une large majorité des hospitalisations et des admissions en soins critiques parmi les 0-17 ans. Ce genre de chiffre, une fois qu’on l’a lu, ça reste gravé quelque part, et ça suffit à nourrir une inquiétude diffuse, surtout quand on a un bébé de quelques mois à la maison et que l’automne pointe le bout de son nez. Je m’étais donc dit, un peu vite, que la vaccination devait logiquement s’appliquer à tous les nourrissons, un peu comme aux États-Unis où les autorités pédiatriques recommandent pour la saison 2026-2027 de vacciner tous les bébés de 6 à 23 mois sans contre-indication. Sauf qu’en France, la logique est différente, et c’est précisément ce que la pédiatre a pris le temps de m’expliquer.

Ce que la pédiatre m’a expliqué sur les véritables critères de vaccination des bébés

La pédiatre a été claire, et plutôt rassurante dans sa façon de poser les choses : la vaccination contre le Covid-19 est uniquement destinée aux enfants souffrant de comorbidités les exposant à un risque de forme grave, ou à ceux qui côtoient régulièrement une personne immunodéprimée. Ce n’est donc pas une démarche généralisée pour tous les nourrissons, contrairement à ce que je pensais. Elle m’a détaillé la liste des pathologies concernées chez les 6 mois-4 ans : l’hypertension artérielle compliquée, les pathologies cardiaques, vasculaires, hépatiques, rénales ou pulmonaires chroniques, le diabète, l’obésité, les cancers, la trisomie 21 ou certains troubles psychiatriques. Elle m’a aussi parlé d’un changement technique important : la formulation pédiatrique Comirnaty 3 µg, utilisée depuis fin 2022 pour cette tranche d’âge, n’est plus commercialisée depuis la campagne 2026. Elle est remplacée par le vaccin Comirnaty 10 µg, désormais intégré par la Haute Autorité de santé dans la stratégie vaccinale pour les enfants à risque ou vivant auprès d’une personne immunodéprimée. Pour ceux qui ont déjà été infectés par le SARS-CoV-2, une seule dose de ce nouveau vaccin suffit, selon les recommandations actuelles. Pour la campagne 2026-2027, deux vaccins à ARNm sont d’ailleurs prévus pour les enfants de 6 mois à 11 ans inclus, Comirnaty XFG 10 µg et Spikevax XFG 25 µg, avec un délai recommandé d’au moins six mois entre une infection ou une injection précédente et une nouvelle dose, sauf exceptions pour les enfants immunodéprimés. Elle a précisé enfin que cette vaccination pédiatrique peut être réalisée par différents professionnels de santé selon l’âge, médecins, sages-femmes, infirmiers, avec des conditions spécifiques en pharmacie.

Comment j’ai su si ma fille entrait réellement dans les cas prévus par la Haute Autorité de santé

Une fois ces explications posées, la pédiatre m’a proposé de reprendre ensemble, point par point, la liste des critères pour voir où se situait ma fille. Pas d’hypertension, pas de pathologie cardiaque, vasculaire, hépatique, rénale ou pulmonaire chronique, pas de diabète, pas d’obésité, aucun cancer, aucune trisomie 21, aucun trouble psychiatrique identifié, et personne de sévèrement immunodéprimé dans notre foyer proche. Autrement dit, ma fille ne correspond à aucun des cas ouvrant droit à cette vaccination spécifique. C’est ce passage en revue, concret et méthodique, qui a vraiment tout changé dans ma façon de voir les choses : je n’avais pas besoin de me précipiter vers un geste médical qui ne la concernait pas, et ça, ça m’a beaucoup soulagée. La pédiatre m’a aussi rappelé que pour les enfants qui entrent dans ces critères, la vaccination des mineurs nécessite l’accord des deux parents, avec un accompagnant muni du formulaire d’autorisation parentale, ce qui montre à quel point cette décision reste encadrée et réfléchie, et jamais automatique.

Avant de se précipiter vers la vaccination de bébé, mieux vaut donc en parler calmement avec son pédiatre ou son médecin traitant, lister les antécédents de son enfant et vérifier s’il entre réellement dans l’une des situations prévues par la Haute Autorité de santé. Ce rendez-vous m’a appris qu’il n’y a pas une seule bonne attitude à adopter face à l’hiver qui approche, mais une évaluation individuelle, pathologie par pathologie, situation familiale par situation familiale. Je repars rassurée, avec moins de certitudes toutes faites et davantage de questions utiles à poser la prochaine fois que le sujet reviendra sur la table.

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