Depuis l’été, dans les maternités et les salles d’attente des CAF, une petite révolution se joue en coulisses. Le nouveau congé de naissance, entré en vigueur en juillet, bouscule les habitudes des jeunes parents. Et manifestement, il bouscule aussi les idées reçues, y compris celles de mon compagnon. Quand il a annoncé fièrement qu’il poserait ses trois mois de congé de naissance d’un seul coup, sac au dos et biberon à la main, il pensait avoir tout compris. C’était sans compter sur les explications d’une conseillère qui a rapidement remis les pendules à l’heure. Entre paternité classique, congé supplémentaire, fractionnement et délais à respecter, le nouveau dispositif n’a rien d’évident. Petit tour d’horizon de ce qu’il faut vraiment savoir avant de foncer tête baissée dans les démarches.
Le nouveau congé de naissance, ce n’est pas le congé paternité
Première confusion, et pas des moindres : ce congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur début juillet, ne remplace pas le congé paternité classique de 25 jours. Il s’y ajoute. Concrètement, chaque parent bénéficie désormais d’un droit individuel à un congé indemnisé d’un ou deux mois, à prendre après le congé maternité, paternité ou adoption. En cumulant les 25 jours de paternité et les deux mois de ce nouveau dispositif, un père peut donc atteindre environ trois mois de présence auprès de son bébé. C’est précisément ce qui avait emballé mon mari. Sauf qu’il imaginait un long ruban de temps ininterrompu, alors que la logique du texte est bien différente. La conseillère a été très claire : ce congé s’inscrit dans la politique des 1000 premiers jours, avec l’idée d’accompagner l’enfant sur la durée, pas seulement dans les semaines qui suivent la naissance.
Le fractionnement, la vraie bonne surprise du dispositif
Voilà l’information qui a fait tomber les certitudes de mon compagnon : le congé est fractionnable. Il peut être posé sous forme d’un mois seul, de deux mois consécutifs, ou de deux périodes d’un mois non consécutives. Autrement dit, on peut souffler à la naissance, reprendre le travail, puis revenir quelques mois plus tard, par exemple au moment de la reprise du travail de la maman ou à l’approche de l’entrée en crèche. Les parents peuvent aussi le prendre simultanément ou en alternance, ce qui ouvre pas mal de combinaisons intéressantes pour organiser la vie de famille. Autre point à garder en tête : l’indemnisation est dégressive. Pour un salarié, on parle d’environ 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Voici, en synthèse, les grandes options possibles :
- Un mois d’un bloc, juste après le congé paternité
- Deux mois consécutifs, pour prolonger la présence à la maison
- Deux périodes d’un mois espacées, pour lisser sur l’année
- En même temps que l’autre parent, ou en relais
Les pièges à éviter et les délais à ne pas manquer
Là où mon mari s’est fait rattraper par la réalité administrative, c’est sur les délais. Le congé ne peut être pris qu’après le congé de maternité, paternité ou adoption, jamais avant. Ensuite, il faut respecter une fenêtre précise. Pour les enfants nés entre janvier et fin juin de cette année, le congé peut être posé jusqu’à la fin mars de l’année prochaine. Pour ceux nés à partir de juillet, il doit être pris dans les neuf mois suivant la naissance. Côté employeur, il faut le prévenir au moins un mois avant le début du congé, un délai ramené à 15 jours si l’on enchaîne directement avec le congé de paternité. Autre subtilité : l’entrée en vigueur reste conditionnée à la publication des décrets d’application, donc mieux vaut vérifier les modalités précises au moment du dépôt de la demande. Le congé parental, lui, ne bouge pas d’un iota : ses règles restent inchangées et cohabitent avec ce nouveau dispositif.
Ce qu’il faut retenir avant de déposer sa demande
Au final, mon mari est reparti de son rendez-vous avec une vision complètement remaniée de son congé. Plutôt que de tout poser d’un coup, il a choisi de garder un mois pour la période cruciale des premières semaines et de conserver le second pour plus tard, quand je reprendrai le travail. Une organisation qui colle mieux à notre réalité, et surtout qui étale la présence parentale sur plusieurs mois. La morale de l’histoire ? Ce nouveau congé est une vraie avancée, mais il demande de bien lire les règles avant de foncer. Fractionnement, délais de prévenance, fenêtre de neuf mois, indemnisation dégressive : autant de paramètres à intégrer pour en tirer le meilleur. Et vous, si vous attendez un bébé ou venez d’accueillir un tout-petit, avez-vous déjà réfléchi à la façon dont vous allez agencer ces précieuses semaines ?
