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Fini les photos de bébé publiées librement : depuis 2024, un accord que personne n’attendait est devenu indispensable

D’un côté, cette envie irrépressible de partager la bouille craquante de son bébé avec la famille et les copines. De l’autre, une réalité juridique dont peu de parents ont conscience : cette photo si innocente n’appartient plus tout à fait qu’à vous. À la rentrée, entre les photos de la reprise de la crèche et celles des derniers jours de vacances, difficile de résister à l’envie de publier. Pourtant, depuis 2024, un texte de loi est venu bousculer une habitude que l’on pensait acquise depuis l’apparition des réseaux sociaux. Un accord auquel personne ne pensait, et qui pourrait bien changer votre façon de partager les souvenirs de vos enfants.

La fin d’une époque : pourquoi partager la photo de son enfant n’est plus un geste anodin

Pendant des années, publier la photo de son nourrisson en train de dormir, de son bambin couvert de purée de carottes ou de son enfant sur la plage a été un réflexe presque universel. On appelait ça du partage familial, un simple prolongement numérique de l’album photo posé sur l’étagère du salon. Mais cette insouciance a un coût, souvent invisible sur le moment. Chaque image mise en ligne participe à construire une identité numérique que l’enfant n’a jamais choisie, et qui peut ressurgir des années plus tard, au collège ou lors d’une recherche sur son propre nom. C’est cette prise de conscience, progressive mais bien réelle, qui a poussé le législateur français à agir. Le droit à l’image des enfants n’est plus une simple question de bon sens parental, c’est désormais un cadre juridique précis, avec des obligations claires pour les parents.

L’autorité parentale ne suffit plus : ce que change vraiment la loi de 2024

C’est ici que se cache la véritable révélation, celle qui surprend le plus de parents. Jusqu’à récemment, on considérait que l’autorité parentale suffisait à autoriser la publication d’une photo d’enfant : les parents décident, un point c’est tout. La loi de 2024 est venue rebattre les cartes de manière assez radicale. Elle rappelle que le droit à l’image appartient à l’enfant lui-même, et non aux parents qui le détiennent en son nom. Concrètement, cela signifie que les deux parents doivent être d’accord pour publier une photo de leur enfant, ce qui peut déjà poser question en cas de séparation ou de désaccord familial. Mais surtout, la loi introduit une notion nouvelle et essentielle : celle du discernement de l’enfant. Autrement dit, dès que l’enfant est en capacité de comprendre ce qu’implique la diffusion de son image, son avis doit être pris en compte, et peut même s’opposer à celui de ses parents.

Voici les principaux points à retenir de ce texte :

  • L’accord des deux parents est désormais nécessaire pour publier une photo d’enfant
  • L’enfant peut s’opposer à la diffusion de son image dès qu’il a atteint un certain discernement
  • En cas de conflit persistant, un juge peut être saisi pour trancher, voire retirer l’exercice de ce droit à un parent
  • Les plateformes peuvent être sollicitées pour retirer une image publiée sans consentement valable

Quand l’enfant dit non : comment le discernement rebat les cartes du partage familial

Le mot discernement peut sembler flou, presque abstrait, appliqué à un tout-petit. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de demander l’avis d’un bébé de six mois avant de poster sa première photo avec un bonnet de Noël. La notion de discernement s’apprécie au cas par cas, en fonction de l’âge et de la maturité de l’enfant. Concrètement, cela concerne surtout les enfants plus grands, capables de comprendre ce qu’est internet, ce que signifie être vu par des inconnus, et qui peuvent exprimer un refus clair. Un enfant de huit ou dix ans qui ne veut pas que sa photo de rentrée des classes se retrouve sur les réseaux sociaux de sa mère a désormais, légalement, son mot à dire. Cette évolution change en profondeur la manière dont on pense le partage familial : ce n’est plus un droit acquis des parents, mais un équilibre à négocier avec l’enfant lui-même, à mesure qu’il grandit. Une petite révolution silencieuse, qui invite à repenser des habitudes bien ancrées.

Avant de poster la prochaine photo de votre enfant, quelques réflexes simples permettent de rester dans les clous et surtout de respecter son intimité naissante. Demandez-vous si votre coparent serait d’accord avec cette publication, vérifiez les paramètres de confidentialité de votre compte, et si votre enfant est en âge de comprendre, prenez l’habitude de lui demander son avis, même de manière informelle. Ce petit geste, presque anodin, pose les bases d’un dialogue précieux pour plus tard. Après tout, ce qui semblait n’être qu’une question de partage familial est devenu, à la faveur d’un texte de loi passé relativement inaperçu, une véritable question de respect et d’éducation au numérique. Et si la meilleure photo à publier était finalement celle que l’on garde, tout simplement, pour soi ?

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